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SOG Gendarmerie 2025 : Le guide de la nouvelle sélection

Fin des tests psychotechniques : tout ce qu'il faut savoir sur le test de personnalité et l'entretien psychologue qui les remplacent.

14 avril 202612 min de lecture

La réforme de janvier 2025

Le concours de Sous-Officier de Gendarmerie (SOG) a connu une refonte majeure des épreuves de sélection avec l'arrêté du 30 juillet 2024, entré en application au 1er janvier 2025. Cette réforme marque la fin de plus de trente ans de tests psychotechniques classiques au profit d'une évaluation centrée sur la personnalité et l'entretien clinique. Concrètement, les matrices de Raven, les tests d'aptitudes cognitives (logique abstraite, raisonnement numérique, compréhension verbale) et les épreuves chronométrées de vitesse ou d'attention ne sont plus au programme des candidats SOG. La sélection psychologique repose désormais sur deux piliers complémentaires : un test de personnalité standardisé inspiré du modèle Big Five, et un entretien approfondi avec un psychologue du ministère de l'Intérieur. L'objectif affiché par la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale (DGGN) est d'améliorer la détection des candidats présentant les qualités humaines requises par le métier (calme, discipline, coopération, sens du service public) plutôt que de filtrer sur des aptitudes cognitives qui peuvent être acquises en formation. Les premières sessions 2025 ont confirmé cette orientation.

Ce qui change concrètement pour les candidats

Pour un candidat qui se prépare aujourd'hui, la réforme implique un changement complet de logique de préparation. Ce qui disparaît : la révision logique/numérique/verbal, l'entraînement intensif aux matrices de Raven, les ouvrages de type "2000 tests psychotechniques", les chronomètres et les stratégies anti-pénalité. Tout l'arsenal classique du bachotage psychotechnique devient inutile pour le concours SOG (il reste pertinent pour d'autres concours et pour la sélection GAV APJA dans certains cas). Ce qui apparaît : une journée complète de sélection psychologique, avec passation du test de personnalité (environ 250 questions selon les premiers retours, valeurs indicatives) puis entretien individuel de 30 à 45 minutes avec un psychologue. L'introspection, la connaissance de soi et la capacité à verbaliser son parcours prennent le dessus sur la performance cognitive brute. Conséquence : la réforme défavorise les candidats qui s'appuyaient sur un entraînement intensif pour compenser un manque d'aisance orale ou d'équilibre personnel. Elle avantage les profils dits "équilibrés" : matures, stables, capables de parler d'eux-mêmes sans se sur-vendre ni se dévaloriser.

Le modèle Big Five (OCEAN)

Le test de personnalité utilisé s'appuie sur le modèle Big Five, aussi appelé OCEAN, qui est aujourd'hui le référentiel scientifique dominant en psychologie de la personnalité. Ce modèle décrit la personnalité selon cinq grandes dimensions indépendantes, chacune évaluée sur un continuum (et non en tout-ou-rien). Les cinq dimensions :

  • Ouverture à l'expérience (O) : curiosité intellectuelle, goût du nouveau, imagination, ouverture aux idées et aux émotions. Un score élevé indique un profil créatif et aventureux ; un score faible, un profil plus conventionnel et pragmatique.
  • Conscienciosité (C) : organisation, discipline, sens du devoir, persévérance, capacité à planifier. Dimension la plus corrélée à la réussite professionnelle et scolaire dans la littérature scientifique.
  • Extraversion (E) : sociabilité, énergie, assertivité, goût du contact, enthousiasme. Les extravertis recherchent la stimulation sociale ; les introvertis récupèrent dans le calme.
  • Agréabilité (A) : altruisme, coopération, confiance, empathie, douceur. Un score élevé reflète une orientation vers les autres ; un score faible, un profil plus compétitif ou direct.
  • Stabilité émotionnelle (N, parfois notée inversée en Névrosisme) : contrôle des émotions, résistance au stress, calme, sécurité intérieure. C'est la dimension centrale pour les métiers exposés à la pression.

Profils recherchés par la Gendarmerie

Sur la base des communications officielles et des témoignages de candidats reçus depuis janvier 2025 (valeurs indicatives, non publiées de manière chiffrée par la DGGN), la Gendarmerie recherche un profil relativement typique qui peut se résumer ainsi : le "gendarme équilibré". Les traits valorisés :

  • Conscienciosité élevée : discipline, respect des procédures, sens du détail, fiabilité dans la durée. La Gendarmerie est un corps hiérarchisé où l'exécutif prime : un candidat désorganisé ou impulsif est un problème opérationnel.
  • Stabilité émotionnelle élevée : gestion du stress, calme sous pression, capacité à garder son sang-froid face à une victime, à un suspect menaçant ou à une scène difficile. C'est sans doute le trait le plus discriminant.
  • Agréabilité modérée à élevée : coopération avec les collègues, empathie envers le citoyen, capacité à désamorcer verbalement un conflit. Trop basse, elle génère de l'agressivité ; trop haute, elle peut rendre le candidat incapable d'autorité.
  • Extraversion modérée : ni très introverti (difficulté à aller vers les autres sur le terrain), ni très extraverti (besoin de projecteurs, comportement histrionique). Le bon curseur se situe autour de la moyenne de la population.
  • Ouverture modérée : assez d'ouverture pour s'adapter à des situations variées, pas trop pour ne pas contester en permanence les procédures. L'institution valorise la loyauté au cadre plus que la créativité individuelle.

Profils rejetés : les signaux d'alerte

Inversement, plusieurs configurations conduisent à un avis défavorable du psychologue. Connaître ces signaux permet de comprendre ce que le test et l'entretien cherchent à détecter.

  • Névrosisme élevé : anxiété chronique, instabilité émotionnelle, tendance à la rumination, colère difficile à contrôler. Incompatible avec des interventions potentiellement tendues (différends familiaux, accidents, interpellations).
  • Faible conscienciosité : désorganisation, impulsivité, incapacité à tenir une procédure, non-respect des délais. La Gendarmerie ne peut se permettre un agent qui oublie de remplir un PV ou qui improvise sur un contrôle routier.
  • Agréabilité très basse : agressivité, méfiance systématique, conflit avec l'autorité, propos dénigrants envers des groupes. Risque opérationnel et risque déontologique majeurs.
  • Extraversion excessive : comportement histrionique, besoin constant d'attention, tendance à se mettre en avant au détriment du collectif. Mal perçue dans un corps qui valorise la discrétion et l'esprit d'équipe.
  • Ouverture extrême : non-conformisme marqué, rejet des procédures, tendance à réinterpréter les ordres. Le gendarme doit accepter un cadre strict ; les profils très créatifs s'y heurtent souvent.
  • Incohérence : écart important entre les réponses au test et le discours oral. C'est le signal le plus préoccupant pour un psychologue, car il suggère soit une tentative de tromperie, soit un manque de connaissance de soi.

Le test de personnalité : format et durée

Les informations précises sur le format sont partiellement publiques. D'après les témoignages de candidats 2025 et les communications officielles (valeurs indicatives) : Le test compte environ 250 questions (certains candidats rapportent entre 200 et 280 selon les sessions). Il n'y a pas de chronomètre strict, même si une durée indicative est donnée (environ 45 à 60 minutes). Il n'y a pas de "bonnes" ou "mauvaises" réponses au sens scolaire : chaque question propose une échelle (par exemple de "Pas du tout d'accord" à "Tout à fait d'accord", sur 5 ou 7 niveaux). Les questions portent sur des comportements quotidiens ("J'aime planifier mes journées à l'avance"), des réactions hypothétiques ("Quand quelqu'un me critique, je me sens blessé plusieurs heures"), des préférences sociales ("Je préfère travailler en équipe qu'en solitaire") ou des valeurs ("Le respect des règles est plus important que ma conviction personnelle"). Point important : le test en lui-même n'est pas "noté" au sens d'une admissibilité chiffrée. Ses résultats sont transmis au psychologue qui conduit l'entretien et qui s'en sert comme support. C'est la synthèse test + entretien qui aboutit à un avis favorable, défavorable ou réservé.

Comment répondre au test de personnalité

La première tentation du candidat est d'essayer de "mentir" pour se peindre sous le profil idéal : super discipliné, super stable, super coopératif, jamais en colère, toujours altruiste. C'est la pire stratégie possible, pour trois raisons. Première raison : les tests Big Five professionnels intègrent des échelles de désirabilité sociale (aussi appelées échelles de lie ou scales L). Ces items détectent les réponses "trop parfaites" en croisant des questions redondantes formulées différemment. Un candidat qui répond "Jamais en colère", "Toujours à l'heure", "Jamais de mensonge", "Toujours altruiste" déclenche un drapeau rouge : le psychologue sait qu'il a affaire à quelqu'un qui se présente plus qu'il ne se décrit. Deuxième raison : l'entretien qui suit est conçu pour vérifier la cohérence. Si le test dit que vous êtes très stable émotionnellement, le psy vous demandera de raconter une situation où vous avez perdu votre sang-froid. Si vous répondez "Jamais", vous êtes soit menteur, soit déconnecté de vous-même. Aucun des deux n'est acceptable. Troisième raison : la Gendarmerie ne cherche pas des surhommes, elle cherche des gens normaux, équilibrés, conscients de leurs limites. Reconnaître une zone de vulnérabilité ("Je suis parfois impatient, j'y travaille") est une force, pas une faiblesse. La bonne stratégie : répondre de manière authentique mais réfléchie. Prenez le temps de lire chaque question, pensez à des exemples concrets de votre vie, répondez sur la base de comportements réels et non de ce que vous voudriez être.

L'entretien avec le psychologue

L'entretien se déroule généralement dans un CIRFA ou dans un centre de sélection, en face-à-face individuel avec un psychologue du ministère de l'Intérieur. La durée est de 30 à 45 minutes (valeurs indicatives, variable selon les profils et les centres). Le psychologue dispose des résultats de votre test de personnalité. Il ne vous les communiquera pas, mais il va s'en servir comme fil conducteur : si le test a détecté une zone à explorer (par exemple un névrosisme légèrement au-dessus de la moyenne), il vous posera des questions qui cherchent à comprendre d'où cela vient et comment vous le gérez. Ses objectifs sont au nombre de quatre :

  • Vérifier la cohérence entre vos réponses au test et votre discours oral.
  • Évaluer votre capacité à parler de vous : un candidat incapable de se décrire, qui bafouille ou se contredit, est problématique.
  • Tester votre capacité à accepter vos erreurs, vos échecs, vos zones d'ombre sans vous effondrer ni les minimiser.
  • Gérer des questions pièges ou déroutantes pour observer vos réactions sous une légère pression.

Les 15 questions types du psychologue SOG

Voici les questions les plus fréquemment rapportées par les candidats depuis janvier 2025. La liste n'est pas exhaustive et les formulations varient, mais les thèmes sont stables. Préparez des pistes de réponse (pas des réponses par cœur) pour chacune.

  • Comment réagissez-vous face à l'autorité ?
  • Décrivez un échec récent et ce que vous en avez appris.
  • Pourquoi la Gendarmerie plutôt que la Police ?
  • Si un supérieur vous donne un ordre que vous jugez injuste, que faites-vous ?
  • Avez-vous déjà été en conflit avec un collègue ? Comment avez-vous géré ?
  • Que feriez-vous si vous découvriez qu'un collègue enfreint le règlement ?
  • Comment gérez-vous la solitude professionnelle (affectations loin de chez vous) ?
  • Parlez-moi de votre cercle familial et amical.
  • Quelle est votre plus grande peur ?
  • Comment réagissez-vous à la critique ?
  • Êtes-vous prêt à faire feu sur une personne ?
  • Quel événement d'actualité vous a le plus marqué récemment ?
  • Décrivez-vous en 3 mots selon votre entourage.
  • Qu'est-ce qui vous différencie des autres candidats ?
  • Quel gendarme connaissez-vous personnellement ?

Les 10 erreurs à ne pas commettre

Ces erreurs sont les plus fréquemment rapportées comme motif d'avis défavorable ou réservé par les psychologues. Elles sont évitables avec un minimum de préparation.

  • Mentir ou embellir : les psychologues sont formés pour détecter l'incohérence. Mieux vaut une faiblesse assumée qu'une perfection inventée.
  • Réciter des réponses apprises par cœur : le discours sonne faux, le débit devient mécanique, et la première relance ouverte vous déséquilibre. Préférez des axes de réponse flexibles.
  • Parler mal d'anciens employeurs, enseignants ou collègues : montre un manque de maturité et une tendance à l'externalisation de la responsabilité.
  • Se présenter comme "parfait" : aucune zone d'amélioration, aucun échec, aucune colère. Signal d'alerte majeur pour le psy.
  • Dénigrer la Police pour valoriser la Gendarmerie : question classique, piège classique. Valoriser la Gendarmerie sans attaquer les autres institutions.
  • Montrer de l'impatience ou de l'agacement face aux questions : le psy teste aussi votre tolérance à la frustration.
  • Ne pas connaître les missions actuelles de la Gendarmerie : GIGN, PSIG, brigades territoriales, gendarmerie mobile, gendarmerie de l'air, de l'armement, etc. L'ignorance est rédhibitoire.
  • Avoir des projets personnels incompatibles : refus de mutations, mobilité limitée, conjoint qui refuse tout déplacement. Le métier exige de la disponibilité géographique.
  • Arriver sans s'être renseigné sur l'actualité : réformes récentes, opérations marquantes, chiffres de la délinquance. Un minimum de culture institutionnelle est attendu.
  • Pleurer ou perdre le contrôle émotionnel : une émotion contenue est humaine et acceptable ; un effondrement est interprété comme une incapacité à tenir la charge émotionnelle du métier.

Préparation recommandée

La préparation au nouveau format SOG se fait sur plusieurs semaines, idéalement deux à trois mois avant la convocation. Elle est très différente du bachotage psychotechnique classique.

  • Introspection écrite : prenez une semaine pour écrire, à la main ou sur clavier, une page sur chacun des thèmes suivants : vos motivations pour la Gendarmerie, vos trois plus grandes faiblesses, trois échecs marquants et ce qu'ils vous ont appris, votre rapport à l'autorité, votre rapport au conflit. Relisez-vous à froid.
  • Auto-évaluation Big Five : passez un test Big Five pour avoir une idée de votre profil avant le jour J. Notre test est disponible sur le site (voir CTA en fin de guide). Cela vous aide à anticiper les questions du psy sur vos zones sensibles.
  • Préparation des questions pièges : pour chacune des 15 questions types ci-dessus, notez 3 ou 4 axes de réponse (pas un texte intégral). Entraînez-vous à l'oral avec un proche en lui demandant de reformuler ou de relancer.
  • Connaissance institutionnelle : lisez la rubrique "Missions" du site officiel gendarmerie.interieur.gouv.fr. Sachez distinguer une brigade territoriale d'un PSIG, un escadron de gendarmerie mobile d'une unité de recherche. Soyez capable de citer le GIGN, la Garde Républicaine, la gendarmerie maritime et la gendarmerie de l'air.
  • Veille actualité : suivez les 6 derniers mois d'actualité gendarmerie (réformes, opérations, scandales éventuels, réformes législatives impactant le métier). Une question d'actualité est quasi systématique.

Ressources complémentaires

Pour aller plus loin dans votre préparation, plusieurs ressources sont disponibles directement sur test-militaire.fr :

  • Test Big Five (personnalité OCEAN) : passez un test de personnalité complet pour situer votre profil sur les 5 dimensions — disponible sur /test/big-five.
  • Guide entretien psychologue militaire : les principes généraux de l'entretien psychologique dans les armées, applicables au-delà du seul concours SOG — disponible sur /guides/entretien-psychologue-militaire.
  • Guide concours Gendarmerie SOG et GAV 2026 : vue d'ensemble du concours, épreuves écrites, sportives, conditions d'accès et calendrier — disponible sur /guides/concours-gendarmerie-sog-gav-2026.

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